Correspondance d'Alain
jeudi 29 mars 2007, thème Urbanisme :: #6 :: rss

Ma correspondance, à proprement parler, ce n'est pas l'appréciation du dispositif auquel j'ai eu énormément de plaisir à me conformer, ni le récit de la façon dont j'ai tenté de passer ses 10 jours, comme un voyage. Je suis prêt à le raconter ailleurs et à en souligner à certains interlocuteurs ce que j'y trouve de rare et de précieux, d'impertinent et d'indispensable. Comment c'est compliqué de sortir de soi, ici comme ailleurs, plus qu'ailleurs (?), dans quel jeu de miroir on se trouve...*
* Le plaisir et l'incertitude de trouver, ne serait ce que deux personnes qui jouent avec vous au jeu des correspondances.
Tout cela je ne pourrai le dire, ni ne saurais mais j'essaierai.
Ailleurs.
Ici donc je laisse se coucher des passages. Des mots amorces peut-être d'un échange d'impressions avec tous ceux que je rencontre sur ce projet.
Matin frais de janvier Italie
Rêvez réalisez
le bonheur d'être chez soi commence là
Comme le voyage commence
pour d'autres il se poursuit
le Blosne
station de métro
Triangle Poterie Italie
Le Blosne ruisseau
court vers Bréquigny
le Blosne ruisseau inaudible mêlé de milliers de voix
le Blosne ruisseau invisible
ZUP
ZUP SUD
Landrel, Thorigné, Sofia
Pragues hautes ourmes, Bosnie
Périmêtre invisible où l'on se sait chez soi
la villequartier 11 découpé
beaucoup de fenêtres et de chemins
un tracé contourné
des porches pour portes
des bas de tours
des passants, des poussettes, un but isolé
un décor diurne préparé pour l'usage
usité plus qu'usé
vision horizontale d'un paysage vertical
vert et gris presque bleuté
se livrer aux hasards
zoner
bars discrets presque effacésles chats traversent
où les paroles solitaires parfois s'entrechoquent
où l'on se reconnaît
plus souvent qu'on se découvre
où échappe
le parfum discret de l'ennui
Sagement les camionettes attendent
le réveil matinal des ouvriers du bâtiment
Thé noir sur nappe tachetée
du Firat le patron chantonne
et les cousins turcs tapent le carton
l'air s'est asséché
l'ouest avale des nuages matériels
les enfants frottent la balle
au sol bétonné
l'allée de Moldavie
sombre
est douce
la tête d'un oiseau mouillé
les voitures bruissent
l'espace est public
un scooter trace
une poubelle brûle
un hamamles portes s'ouvrent
Non j'vois pas
pourquoi ?
je pars
je m'échappeje reviendrai
je remercie
j'ai pleuré
je parle
je redirai
et ce banal, ce "ah ben oui c'est comme ça"La nuit seule
qui collerait à la lunette qu'on se dépêche
tous de chausser alors même qu'on
en a pas. Et qu'on cherche à retirer,
pour écouter l'autre, lui parler à l'autre
qu'on voit et à qui parfois on dit des
banalités ?
collectif en demi cubeassemble
hauteur et intimitéfamilles, hommes, femmes
espaces rationnelsvoitures -isolés
vis à vis calculéset disperse les enfants
volontéla nuit
remarquablecalme et morose ?
jamais délaissée
Correspondance de Louise :
Correspondance audio, utilisez le lecteur ci-dessous pour l'écouter.

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